À propos

À propos de la scénographie d’accessoires

Y aurait-il une certaine tendance dans la mode à minimiser au maximum la présence du modèle au profit de l’objet considéré ? Si les femmes qui y travaillent y sont toujours plus minces ou toujours plus blanche, l’objet ne devient-il pas une denrée ordinaire, sans vie ? La meilleure façon de donner vie aux objets, c’est de se concentrer sur la personnalité du modèle qui les portent ou qui les manipulent ; c’est faire de telle sorte que lorsque le modèle n’est plus sur la photo, il y soit encore par la présence seule de l’objet. Pour se faire, le modèle est un artiste qui participe à un art collaboratif qu’est la photographie. Il faut se laisser porter par la personnalité du modèle et partir d’elle, si on veut donner du sens aux objets. Dans la scénographie d’accessoires, le modèle est acteur de l’instant qui, en jouant son propre rôle créée un processus de fétichisation pour un vitalisme des objets. Les émotions, le regard et l’action sont d’une nécessité radicale. Le geste dessine le corps qui sublime l’objet.

Dans la scénographie d’accessoires, les mains et les pieds prennent une importance particulière dans mes cadrages car ils sont très révélateurs. Pourquoi un tel choix graphique ? Il y a deux raisons à cela. La première est tout à fait d’ordre esthétique. Il se trouve en effet que ce sont des parties du corps complexes de muscles, d’articulations et de chair qui leur donnent une singulière finesse et des proportions de toute beauté, surtout lorsqu’ils sont en mouvement. La seconde est plus symbolique car aux extrémités du corps, les pieds permettent aux femmes d’être debout, dignes et fières de ce qu’elles sont et les mains d’être en préhension directe avec ce qu’elles décident pour elles-mêmes. Les mains et les pieds me servent d’allégorie à la liberté et à l’émancipation.

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